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Communicateur civique

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Hiver 2020 – Numéro 82

Conseil universitaire du 3 décembre 2019

 

Le président de la Commission des affaires étudiantes Éric Philippe présente un Avis de 31 recommandations et suggère de
« réfléchir sur le concept d’une université orientée davantage sur les programmes que sur les départements »

Les membres du Conseil universitaire ont approuvé à la quasi-unanimité l’Avis de la Commission des affaires étudiantes  (CAE) présenté par son président Éric Philippe, lors de la séance du 3 décembre dernier. Intitulé « Vers une nouvelle vision de l’expérience étudiante  à l’Université Laval », la 31ièmeet dernière recommandation s’énonce comme suit : « Que chaque faculté nomme un ‘responsable aux affaires étudiantes et à la réussite’ et que l’Université en détermine les fonctions. » Les membres de la CAE ont constaté à ce sujet qu’il n’y avait pas de vice-décanat aux affaires étudiantes dans les facultés, lequel pourrait être le pendant du vice-rectorat aux affaires étudiantes. Comme la Direction de l’Université n’a pas manifesté d’intérêt pour la création d’une telle fonction administrative, l’Avis suggère plutôt la nomination d’un simple responsable facultaire. Et, en conclusion, il propose de « réfléchir sur le concept d’une université orientée davantage sur les programmes que sur les départements ».

Dans son discours de présentation, le président Philippe a d’abord constaté que la population étudiante s’est beaucoup transformée au cours des vingt dernières années. Il croit qu’« une compréhension actualisée et nuancée de cette population étudiante » est nécessaire pour mettre en place des mesures d’intégration et de réussite qui lui soient mieux adaptées. « C’est donc un nouveau regard qu’il faut porter à nos étudiant.e.s », a-t-il souligné. Il a ensuite estimé que « pour bonifier l’expérience étudiante, la formation universitaire doit privilégier des apprentissages interdisciplinaires. » Il voit l’université d’aujourd’hui et, certes, de demain comme un grand laboratoire qui soutient l’innovation, invite à l’expérimentation et à la création. Ainsi qu’une université qui « encourage l’implication dans le milieu et l’engagement social. »

L’Avis de la Commission des affaires étudiantes se divise en deux parties. La première partie traite du recrutement, de l’accueil et de l’intégration des étudiant.e.s. À ce propos, une recommandation invite à réorganiser la semaine d’accueil des cégépiens en tenant ses activités la semaine précédant le début des cours de la session d’automne. La seconde propose une vision où « le campus doit devenir un espace de rencontres et d’interactions où les outils numériques [et l’intelligence artificielle] se combineront à l’approche humaine pour donner vie à une pédagogie active et remodelée. » Pour les étudiant.e.s en provenance de l’étranger, il est suggéré de créer un cours d’initiation 15 jours avant la rentrée portant sur la ville de Québec, l’Université Laval et ses unités pédagogiques et administratives. Enfin, cet Avis atteste que les membres de la CAE se sont posé la question majeure suivante : « Nos formations à la maîtrise et au doctorat sont-elles encore adaptées au marché du travail actuel ?

Le professeure Véronique Moulin (Médecine) fait remarquer à la Direction de l’Université qu’il est très difficile de recruter en français des étudiant.e.s  à l’étranger dans les milieux non francophones, particulièrement en raison de la lourdeur des procédures administratives comme, par exemple, une demande de visa. Elle cite l’expérience qu’elle vit présentement à propos de recrutement en provenance du Brésil. Dans ce cas, même l’anglais qu’elle utilise, ne lui semble pas parfaitement adéquat. Elle conclut cette première intervention en souhaitant qu’une aide linguistique diversifiée puisse être mise à la disposition des chercheur.e.s pour le recrutement d’étudiant.e.s à l’étranger. Dans une deuxième intervention, elle demande quelle suite sera donnée à l’Avis de la CAE. La rectrice Sophie D’Amours et le vice-recteur Robert Beauregard confirment qu’un bon nombre des 31 recommandations ont déjà été appliquées ou sont en voie de l’être.

DES BRÈVES

  • Mme Hélène Richard, Ombudsman de l’Université, a déposé le rapport annuel de ses activités pour l’année 2018-2019 ainsi que le suivi des recommandations de son rapport 2017-2018;
  • Mme Annick Jaton, directrice du Bureau de la qualité des programmes, a déposé, pour la première fois, un rapport concernant la création, la modification et l’évaluation de programmes de cours (1erseptembre 2018 – 31 août 2019). Son unité a été créée en mai 2019;
  • Les programmes de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat en actuariat ont été évalués. Le plan d’action du doyen André Zaccarin (Sciences et génie) prévoit l’amélioration de l’offre de cours et des activités de recherche dans des secteurs en émergence comme l’analyse de données massives actuarielles et la finance quantitative appliquée à l’actuariat;
  • Le Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant (GRIP-ULaval) doit transmettre à la Commission de la recherche un bref document décrivant l’évolution scientifique et la programmation de sa recherche pour les prochaines. Dans douze mois, il devra aussi faire parvenir à la Commission un plan concret facilitant les échanges et les activités scientifiques entre les membres et les étudiant.e.s en sciences de l’éducation et en psychologie.

                                                                                                        Jacques Rivet, cc


 

Soutenance de thèse de l’historien Christian Blais
« Je le considérais toujours comme un collègue »
– le professeure Donald Fyson, directeur de recherche

L’historien Christian Blais de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec a soutenu une thèse de doctorat en novembre dernier intitulée « Aux sources du parlementarisme dans la Province de Québec, 1764 – 1791 »*. Les membres du jury, présidé par le professeur Pierre Yves Saulnier, ont unanimement souligné l’apport novateur à la science historique de sa thèse en reconnaissant qu’elle fait la preuve de l’existence d’un « parlementarisme rudimentaire » dans la Province de Québec dès 1764. Comme l’a fait remarquer l’un d’entre eux, le professeur Michel Morin de la Faculté de droit de l’Université de Montréal : « On a tout à fait tort de dire que [au Québec], le parlementarisme commence en 1792. C’est une avancée majeure de la thèse. »

Dès le début de la présentation de ses commentaires au doctorant, le directeur de recherche Donald Fyson admet : « Je le considérais toujours comme un collègue ». Ainsi, témoigne-t-il, que lui et Blais ont beaucoup de points en commun tels que, par exemple, les questions relatives à l’Après-conquête et les procédures administratives. Il reconnaît avoir eu « des échanges passionnants » avec lui. Il est d’avis que la recherche doctorale démontre que, dans une situation où un Exécutif exerce un pouvoir superpuissant, la procédure parlementaire permet de le contrer relativement.

Le professeur Michel Morin exprime son admiration à l’historien pour avoir relevé le défi de rédiger une thèse de doctorat tout en continuant à assumer ses responsabilités à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec. « C’est une thèse au sens fort, affirme-t-il, comme on aime le dire en droit. » Et d’expliquer que ce type de thèse repose sur une idée-maîtresse, « même provocante », qu’on soutient avec force et conviction. À ce propos, il admet que la recherche l’a convaincu qu’il y avait une législature en place, semblable à un parlement en 1764. « Mais il manque la Chambre élue et, peut-être, le rôle d’une opposition. On parle d’un parlementarisme sans élection », conclut-il.

Le professeur Martin Pâquet est aussi d’avis que c’est « une thèse au sens fort » parce qu’elle est fondée sur une interprétation originale des connaissances produites, laquelle mobilise des ressources documentaires et archivistiques très importantes. Il estime qu’elle démontre « qu’une réalité peut être présente malgré une absence d’énonciation de sa reconnaissance. » Cette réalité non-nommée, il a suggéré au doctorant, dans l’évaluation écrite de sa thèse qu’il lui a transmise, de l’appeler « le parlementarisme rudimentaire » plutôt que de conserver l’expression « le parlementarisme embryonnaire ».

L’historien Jocelyn St-Pierre, retraité de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale, tient à souligner la collaboration que cette dernière a accordée à Christian Blais tout au long de sa recherche. Il affirme avoir été sceptique quand il a lu que le parlementarisme québécois commençait en 1764. Il l’avoue sans hésitation : « J’ai souvent écrit qu’il commençait en 1792. » Mais il n’a désormais plus de doute à ce sujet. En outre, il considère que la thèse de son confrère est un remarquable effort d’histoire comparée.

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Résumé de la thèse : Cette thèse démontre que les fondements du parlementarisme québécois précède l’Acte constitutionnel de 1791; que les membres du Conseil de Québec (1774-1795) et ceux du Conseil législatif de la Province de Québec (1775-1791) adoptent les usages et les traditions parlementaires britanniques pour légiférer; qu’une législature peut être constituée uniquement de non-élus; bref que, dans le seconde moitié du XVIIIe siècle, le parlementarisme dans la Province de Québec se définit autrement que le parlementarisme en Grande-Bretagne ou dans les autres colonies royales britanniques nord-américaines. Une analyse des procès-verbaux des corps législatifs de la Province de Québec permet de retracer les origines des coutumes parlementaires québécoises. En comparant le Conseil de Québec et le Conseil législatif avec le Parlement de Westminster, le Parlement du Bas-Canada et les parlements de certaines colonies royales britanniques nord-américaines, nous sommes à même de constater qu’il y eut, de 1764 à 1791, un parlementarisme rudimentaire, mais un parlementarisme tout de même dans sa forme, ses usages et ses traditions.

Jacques Rivet, cc

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